Une si jolie voiture !

Comment se séparer de notre si jolie voiture, bleue comme les yeux de notre petit-fils, le premier véhicule à moteur qu’il ait conduit sur les genoux de son Papy d’où son surnom « Papy-drive » ? Nous quittons Ottawa et embarquons la voiture dans le container qui traverse l’Atlantique sans encombre.

Entre le premier mois de notre retour et l’arrivée de notre voiture, la bonne nouvelle fut les quatre mois de délai pour récupérer ladite voiture. Ce serait facile, pensions-nous, sans la moindre information sur la procédure à suivre.
L’assureur était réticent pour la vignette verte (attestant que la voiture n’est pas polluante), le fabricant ne pouvait rien faire, juste nous rédiger un certificat de non-homologation payant !

Les souvenirs heureux sur les routes nord-américaines nous ont motivés à la réception du lourd dossier technique. Nous avons cherché toutes les subtilités de notre chère voiture : numéro de châssis, de moteur, de série... Faute de mode d’emploi précis, la lampe de poche à la main, nous avons trouvé à peu près tous les renseignements et découvert que les ceintures de sécurité, fabriquées en Europe, n’étaient pas conformes aux réglementations européennes …. Nous avons regardé avec jalousie les 2CV qui circulaient sur nos routes sans ennuis, tout en étant moins sécuritaires que notre belle canadienne, parce que bien françaises !

Un loir sous le capot
- Première étape clé : la DREAL (directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement), une direction de province pour des raisons de commodité et de moindre affluence ! Hélas, en ouvrant le capot, surprise : un loir y avait niché et attaqué la garniture anti-bruit ! Fou-rire du directeur et stupéfaction du propriétaire qui garde le souvenir des ratons-laveurs, écureuils, moufettes et autres nuisibles qui nous avaient laissés en paix, là-bas. Une lueur d’espoir pointe à l’horizon : le véhicule peut faire l’objet de dérogations !

- Deuxième étape : Montlhéry. Séries de tests multiples et nouvelles surprises : pas de phares antibrouillards et deux rétroviseurs différents : le droit correct et le gauche non conforme !
Au garage de la marque, les mécaniciens nous prennent en sympathie. Ils se souviennent avoir aidé un monsieur qui revenait de Pologne et exerçait, lui aussi, un métier compliqué ! Celui qui prend en charge notre dossier a un ami au Québec, notre voiture a une couleur inconnue en France, quant au modèle il est infiniment plus esthétique que son équivalent européen. Bref, notre voiture a séduit tout un fan-club très intéressé à garantir ses intérêts. Elle a de nouveaux essuie-glaces (les mêmes que les anciens) parce que le modèle grand-froid est moins cher en France que la version standard !

L’aventure n’est pas terminée : reste un contrôle technique et le passage en préfecture.

Un bon conseil : sachez résister à la tentation de faire passer à votre voiture plusieurs frontières : une voiture, cela ne voyage pas ! Qu’on se le tienne pour dit !

Odile Zeller

Page mise à jour le mercredi 23 mai 2018