Rencontre avec Magdalena Zilveti Chaland : « Réussir sa vie d’expat » et développer son intelligence nomade

Le 24 novembre, la psychologue et coach de vie Magdalena Zilveti Chaland est venue nous présenter son livre ‘Réussir sa vie d’expat’, paru en septembre 2015 aux éditions Eyrolles. Expatriée depuis 11 ans aux Etats-Unis, elle accompagne des francophones durant leur transition de vie à l’étranger, en s’appuyant notamment sur le concept d’ ‘intelligence nomade’.

« La problématique à laquelle l’expatrié doit faire face se résume ainsi : ‘Comment réussir à trouver son chez-soi en soi où que l’on soit’. C’est à cette problématique-là que l’intelligence nomade tente d’apporter une réponse », explique Magdalena Zilveti Chaland dans l’introduction de son ouvrage. Selon la psychologue, la question du « chez-soi » est très importante. « Chez soi, ce n’est pas seulement un lieu géographique. C’est souvent lié à l’attachement émotionnel. On peut aussi se sentir chez soi en rencontrant des personnes avec lesquelles nous avons certains points communs qui réveillent un sentiment rassurant de familiarité, avec lesquelles on se sent connectés », explique-t-elle. Elle cite ainsi le cas d’une de ses clientes qui avait vécu 10 déménagements en 15 ans : « les trois choses qui faisaient qu’elle se sentait chez elle dans un nouveau lieu étaient quelques objets importants et symboliques, qu’elle ressortait tout de suite, la nourriture et le ‘sentiment familier’, qu’il revient souvent au conjoint d’instaurer. »

« Quand on s’installe ailleurs, on est énormément pris par des questions de « quoi / comment », ensuite vient le « qui / pourquoi ». L’intelligence nomade va nous permettre de nous reconnecter avec qui on est à la base, de se centrer sur notre potentiel, nos ressources », souligne Magdalena Zilveti Chaland.

En résumé, pour arriver à développer son intelligence nomade, il faut commencer par repérer en soi ce que sont nos ressources, c’est-à-dire : nos valeurs, nos besoins, nos buts, nos talents et nos motivations. Différents facteurs vont nous permettre d’avoir plus ou moins accès à ces ressources : la gestion des émotions, la pleine conscience, l’estime de soi et les saboteurs, des « pensées et des émotions qui freinent l’individu avant de passer à l’acte sous une prétendue justification de protection ». D’autres facteurs, tels l’empathie et la résilience, peuvent permettre de trouver sa place dans son nouvel environnement.

Dans son ouvrage, la psychologue explore également les impacts de l’expatriation sur la famille et les enfants. « En fonction de l’âge des enfants, les déplacements à l’étranger peuvent être un peu plus difficiles. Les enfants qui sont souvent partis à l’étranger peuvent développer une certaine instabilité, être toujours dans l’expectative, mais cela peut aussi être une force. Ils peuvent parfois aussi se sentir comme des ‘hybrides culturels’. Cela peut leur être d’une grande aide de développer une solide culture familiale à la maison », fait-elle ressortir.

Elle évoque aussi ce qu’elle appelle le ‘syndrome du conjoint sacrifié’, quand le conjoint a l’impression de subir l’expatriation, qui peut « ancrer une disharmonie au sein du couple ». Et de lister les principaux problèmes qui peuvent se poser aux conjoints qui veulent avoir une activité pendant une expatriation : les enfants en bas âge, des diplômes non reconnus, un visa qui ne permet pas de travailler, la méconnaissance du marché du travail, les problèmes linguistiques. Elle-même a rencontré certaines de ces difficultés : c’est parce que son diplôme français de psychologie n’était pas reconnu aux États-Unis qu’elle est devenue coach de vie.

Pour résumer, Magdalena Zilveti Chaland estime que les conjoints doivent souvent faire preuve de créativité en matière professionnelle car ils n’auront pas une carrière linéaire. Et de rappeler que « nous ne sommes pas tous pareils face à l’expatriation ».

« L’objet de ce livre est ainsi de comprendre qu’à côté des nombreux bénéfices provenant d’une période de vie à l’étranger, le voyage peut aussi être l’objet de turbulences internes. Pour que l’expérience de l’expatriation soit une réussite, quelle que soit sa durée, elle doit être perçue non pas comme une cassure ou une parenthèse mais bel et bien comme une opportunité d’évolution, une étape à intégrer riche en enseignements et en expériences », souligne l’auteur dans l’introduction de son ouvrage.

Page mise à jour le vendredi 4 décembre 2015