Musée Nissim de Camondo


Exceptionnelle collection d’art décoratif français du XVIIIe

Anéanti par la disparition tragique en combat aérien de son fils Nissim, le 5 septembre 1917, Moïse de Camondo lègue par testament l’hôtel et les collections à l’Etat français et à l’Union centrale des arts décoratifs (devenues Arts Décoratifs en 2004). Sa fille Béatrice veille à l’exécution du testament et le musée est officiellement inauguré, le 21 décembre 1936. Moïse de Camondo bâtisseur, collectionneur et décorateur.

Né en 1860, fils de Nissim de Camondo (1830-1889) et d’Elise Fernandez (1840-1910), Moïse décide de reconstruire l’hôtel familial, dès 1911. Il recourt à l’architecte René Sergent qui excelle dans la construction d’hôtels particuliers confortables. Les façades sont directement inspirées de l’œuvre de Jacques-Ange Gabriel et particulièrement du Petit Trianon de Versailles. De l’ancienne demeure, l’architecte ne conserve que les caves et les communs qu’il réaménage.

Trois des entreprises les plus performantes étaient dirigées par des ingénieurs Centraliens : Cubain a livré les fourneaux, Kula a mis en place la plomberie et l’équipement sanitaire, Mildé a installé l’électricité ainsi que les services de sonneries et du télé- phone. Le budget de l’hôtel de Moïse de Camondo a atteint deux millions de francs-or, dont 40% pour le gros œuvre et moins de 20% pour le second œuvre. Le reste se ré- partit entre les dépenses de décoration et celles de chauffage et de confort.

La collection
Moïse multiplie les achats qui sont reportés, dès 1907 sur un carnet. L’ensemble est presque exclusivement consacré aux arts décoratifs de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Quelques œuvres évoquent cependant le siècle de Louis XIV, comme le tapis du Grand salon, ou la période rocaille, telle cette paire d’encoignures en laque du Japon et bronze doré par Bernard II Van Risen Burgh (BVRB), vers 1750, sur les paliers intermédiaires du grand escalier.

L’aménagement des lieux a été étudié pour permettre aux ‘’gens de maison ‘’ de travailler et vivre dans des espaces séparés de ceux des maîtres : la cuisine et ses annexes dans le soubassement ; les offices dans les étages ; les penderies du comte et de son fils, la lingerie et les chambres du personnel sous les combles. Chaque niveau est desservi par l’escalier ou l’ascenseur. Moïse employait une vingtaine de gens de maison qui étaient logés et nourris.
Le rez-de-chaussée haut est réservé aux appartements de réception ; le premier étage est celui des appartements privés. Notre guide nous fait remarquer que les meubles et les objets ont été conservés à leur emplacement d’origine, selon la volonté de Moïse de Camondo.

Aster Guerquin



Galerie

Page mise à jour le dimanche 1er octobre 2017