Le retour en France : bien vivre le changement

Nos vies sont faites de changements. Chaque retour en France est un changement de vie plus ou moins facile à vivre. Bénédicte Wallace, psychologue et coach en accompagnement au changement, ayant elle-même vécu de longues années comme expatriée dans le sillage de son père, nous a donné des clefs pour mieux appréhender le retour ou l’installation en France, pour gérer au mieux un changement..

Lorsque l’on réunit des personnes de retour en France, on s’aperçoit que certains sentiments sont partagés : besoin de rencontrer des personnes ayant la même expérience, avoir des échanges, savoir comment valoriser la vie en expatriation, désir de maintenir un équilibre personnel et professionnel, besoin de trouver des techniques qui aident à avancer malgré les changements fréquents, l’envie de partager et de rester ouvert et pas tourné vers la nostalgie.

Aujourd’hui et demain
Bénédicte nous invite à choisir deux cartes postales : une qui traduit l’état du moment, une qui traduit l’avenir par rapport au retour en France.
Il a été demandé à chacun d’expliquer le choix de chaque carte, ce qu’elle traduit. Mettre en mots, en public, la représentation que l’on a du présent et de l’avenir a un effet miroir et aide à la prise de conscience. La discussion avec les autres enrichit la réflexion. On comprend alors que le changement est un processus qui prend du temps.
Vous pouvez, dans un panel d’images, en choisir deux et faire l’exercice.

Bénédicte a ensuite demandé à chacun de décrire une chose dont il est fier, dont il tire satisfaction. Cet exercice permet de valoriser un acte, aussi minime fut-il, de se valoriser et de redonner du gonflant à sa confiance en soi. Tout acte positif est à mettre en avant, est un allié de poids dans le processus de changement qui dit : « Je suis capable de… ».
Essayez de faire l’exercice avec une personne avec qui vous vous sentez bien, en confiance.

Le changement
Le changement n’est simple pour personne, il est d’autant plus difficile à vivre que ce que l’on perd était important. Dans nos vies de pigeons voyageurs internationaux, le changement pourrait s’apparenter à une seconde nature, mais ce n’est pas vraiment le cas : chaque changement pèse car tout est à reconstruire. Tout changement est un processus évolutif marqué par l’acceptation de la fin d’une situation et l’intégration de la nouvelle situation.

Le changement est un processus en 4 phases
1. Doute, malaise
2. Dialogue interne, bilan
3. Projet, exploration
4. Engagement, action
Il faut du temps pour appréhender et vivre ces quatre phases. Or, il arrive que tout aille plus vite que prévu, que l’on ne réagisse pas comme on l’imaginait.

Bénédicte revient sur la courbe « courbe du deuil » d’Elisabeth Kübler-Ross, psychiatre. Tout changement s’accompagne d’une phase de deuil plus ou moins longue et difficile. Ce cheminement n’est pas linéaire : il se fait en deux grandes phases (descendante et ascendante) et en plusieurs étapes.

La courbe du deuil
« Le plus difficile, c’est l’acceptation ».

La phase descendante
1. Le choc : la perte de ce que l’on avait est un choc. Pour les impatriés, on parle de choc de culture inversé. Pour un conjoint d’origine étrangère qui arrive en France pour la première fois, vivre en France, dans le pays de son conjoint n’est pas la même chose que de vivre dans un pays le temps d’une expatriation.
2. Le déni : plus votre attachement au pays quitté était fort, plus fort risque d’être le déni.
3. La colère : le déni fait face à la colère. On voit réalité mais on ne l’accepte pas.
4. La peur : l’inconnu, les difficultés (logement, école, baisse de revenus…)… sont anxiogènes et stressant.
5. La tristesse : étape importante dans la prise de conscience de ce qui a été perdu et du caractère définitif de la perte. Un danger : se laisser envahir par la nostalgie. Ne pas hésiter à exprimer ses émotions (parler, pleurer).

La phase ascendante
« Le plus difficile, c’est l’acceptation ».
1. L’acceptation  : le regard porté sur la nouvelle situation change, l’idée de « faire avec » s’installe.
2. Le pardon : à qui faut-il pardonner ? A soi-même (on se libère de la culpabilité) et à l’auteur de la perte (compréhension).
3. Quête du sens et de renouveau : grâce à cette nouvelle situation, je peux faire telle ou telle chose, je tire avantage à… On reconnaît que le deuil de la situation perdu a permis d’aller vers autre chose.
4. La sérénité : on est en paix, les émotions ne nous submergent plus. On vit dans le présent. La page est tournée.

Retrouver confiance demande de l’énergie : à chacun de trouver ce qui lui donne de l’énergie. Toute réalisation nouvelle, expérimentée, aussi petite soit-elle, donne de l’énergie, il faut en tirer des ingrédients qui aident à bien vivre le changement. La confiance en soi, s’écouter est primordiale. « Il faut se relier au monde, parler, partager ; il convient d’intégrer le passé dans le présent. »

Avoir confiance en soi
En fin de séance, un deuxième tour de table a permis de mettre en avant :
• Qu’il est bon de partager un vécu commun, de parler sans tabou de son expérience.
• Qu’il est rassurant de constater que nous avons tous les mêmes difficultés et soucis, ce qui permet de relativiser les nôtres.
• Que nos difficultés sont partagées.
• Qu’il est important de prendre du recul face au regard des autres.
• Qu’il ne faut pas se focaliser sur une croyance (je ne parle pas bien la langue, je n’ai pas le profil…), qu’il faut savoir sortir du cadre, ouvrir des portes pour aller vers ce que l’on souhaite.
• Que la confiance en soi est primordiale.
Tout cela est une aide à faire le point sur ce qui a été vécu et n’est plus, à accepter le changement.

Isabelle Roussel Stéphan

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Page mise à jour le mercredi 11 octobre 2017