Exposition au Mobilier national

Grande et petite histoire à travers l’heure, le feu et la lumière

« En admirant une pendule ancienne sans en connaître l’histoire, vous restez à la surface des choses »
C’est ce que nous avons appris en visitant l’exposition organisée au Mobilier national, "L’heure, le Feu, la Lumière.

La plupart de ces chefs-d’œuvre, qui vont du Consulat au Second empire, n’avaient jamais été exposés. Le parcours est accompagné de meubles et de grandes tapisseries murales de la manufacture des Gobelins qui font la richesse des collections du Mobilier national. Une visite passionnante à laquelle nous avons été nombreux à participer.

Parmi les plus belles pièces : "La toilette de Psyché" qui ornait le boudoir de l’impératrice Joséphine à Saint-Cloud, la pendule "Les Adieux d’Hector à Andromaque", placée en 1805 dans le grand salon du Petit Trianon et la paire de candélabres prêtée par l’Élysée qui vient de la chambre à coucher de la Duchesse de Berry en 1820.

Le Mobilier national dispose d’un fonds d’environ neuf cents pendules, cartels ou régulateurs. La grande majorité est placée dans les lieux officiels.
Faisons un peu d’histoire. La deuxième moitié du XVIIIe siècle voit naître les éléments d’une révolution dans la conception du temps.
Benjamin Franklin pourra bientôt conclure : "Time is money". Au XIXe siècle, la pendule, dite "de cheminée", s’impose dans tous les salons bourgeois. La partie mécanique évolue aussi. Le "mouvement de Paris" est un gage de qualité dans le monde entier.

Le phénomène de mode, dont les pendules font l’objet, crée une demande croissante. Cette clientèle, élargie et hiérarchisée, souhaite des pendules adaptées tant à son destinataire qu’à la pièce. Un général préfèrera des motifs guerriers illustrant les vertus patriotiques et héroïques voulues par l’Empire, tel le superbe "Serment des Horaces" qui vantait les vertus militaires du Prince Murat. La symbolique du pouvoir orne les palais. "La France écrivant" ou "le Génie de l’Histoire", faite pour Napoléon 1 er en 1809, a perdu les emblèmes du commanditaire au profit de ceux de la Monarchie. Tout est politique aussi dans la "Pendule à la gloire de Napoléon III". On y trouve les armes et les chiffres de l’Empereur ainsi que son programme au travers des attributs qui y sont sculptés.

Une section est consacrée à l’égyptomanie qui règne dans les arts depuis l’expédition d’Égypte. Les pendules ont aussi un thème éducatif certain.
Les guerriers se veulent cultivés. L’antiquité est à l’honneur, telle "Homère chantant sur les ruines de Troie", « Marius méditant sur les ruines de Carthage". La bourgeoisie prône l’éducation. La charmante "Liseuse" de 1806 et la "Pendule bibliothèque" de 1821 en témoignent.

L’intérêt pour l’architecture s’exprime par les pilastres, les frontons, les colonnes. Mentionnons la pendule colonne en tôle vernie de 1807, imitant à la perfection le marbre et le bronze doré, mise à la disposition des écuries du Palais de Saint-Cloud et, dans un registre plus riche, la pendule "arc de triomphe" en marbres précieux et bronze doré de 1813.

La mode est suivie de près par les maîtresses de maison. Toute dame aisée se doit d’avoir dans son boudoir une pendule au cygne et dans son salon une allégorie de la "Musique" (exemplaire de 1839) ou de la "Famille". La pendule "Sympathique" est aussi très prisée par les Messieurs. En témoigne la première imaginée par Breguet et vendue à Louis-Philippe en 1834. Elle a été redécouverte et restaurée récemment. Elle est composée d’une pendule et d’une montre sur le dessus. Placée dans un berceau, la montre est automatiquement remise à l’heure et réglée. Breguet poursuit de nos jours ses inventions. En témoigne sa montre-bracelet "Reine de Naples" à sonnerie. Gageons que si le nom rappelle l’Empire, le mouvement est digne des expéditions inter sidérales du XXIe siècle.

Francine Boidevaix

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Affiche de l’exposition

Galerie

Page mise à jour le dimanche 1er octobre 2017