Ecole militaire

Ecole militaire : « Puisque vous le voulez, ma bien aimée ! »

Fondée par un édit de Louis XV en 1751, l’Ecole militaire devait assurer la formation de 500 jeunes gentilshommes pauvres, destinés à la carrière des armes.

Fermée dès 1787 par souci d’économie, l’école venait d’admettre parmi ses élèves le jeune Napoléon Bonaparte, avec cette appréciation « fera un excellent marin » ! Il a été reçu 48ème sur 56 élèves mais a réussi, en un an, ce que ses camarades ont fait en 3 ans !

A la bataille de Fontenoy, dans l’actuelle Belgique, qui se déroula en 1745, pendant la guerre de succession d’Autriche, le maréchal de Saxe qui commandait les troupes françaises observa que, en dépit de sa victoire, la bataille avait montré le manque de préparation des régiments royaux. C’est pourquoi il proposa à Louis XV de fonder une école royale militaire.
Le roi refusa le projet l’estimant trop coûteux. Dans ses démarches, le maréchal de Saxe obtint le soutien de Madame de Pompadour, maîtresse et conseillère du Roi qui finit par accepter ce projet en disant : « Puisque vous le voulez, ma bien-aimée ! » Pour le Roi, il s’agissait également de laisser un témoignage de la grandeur de son règne.
L’architecte du Roi, Ange-Jacques Gabriel, fut chargé de dessiner les plans, et présenta en 1751 son grand projet.
La surface prévue est immense, les façades magnifiques. Il est prévu de construire des rez-de-chaussée voûtés, de faire venir l’eau courante grâce à un système de puits et de canalisations et de bâtir au centre de l’édifice une immense église, plus vaste que celle des Invalides et précédée d’une colonnade, comme à Saint-Pierre de Rome.

L’école ouvre ses portes en 1756. Louis XV « souverain pacificateur »
Louis XV, le « souverain pacificateur » estime qu’il faut savoir user de la force avec discernement pour installer une paix durable.
Cette philosophie trouve son illustration sur le fronton du pavillon central de l’école, au-dessus des trophées qui encadrent l’écusson de Louis XV : on peut apercevoir à gauche, la Victoire, représentée sous les traits de Louis XV vêtu à l’antique, et la France symbolisée par une femme drapée à l’antique.
À droite, on peut observer la Paix, avec un coq de vigilance à ses pieds, se tenant aux côtés de la Force, incarnée par Hercule.
Dans la cour d’honneur, on peut admirer une horloge réalisée par Lepaute, encadrée par une jeune femme aux seins nus qui montre l’heure, (la tradition la rapproche de Mme de Pompadour), et une vieille aux pieds nus tenant un livre qui symboliserait l’étude. L’entretien est toujours assuré par l’entreprise Lepaute, 235 ans après l’installation de l’horloge.

La bibliothèque de l’École militaire située dans « le Château », est l’œuvre de l’architecte Gabriel. Les locaux sont constitués par une enfilade d’anciens salons de réception.
On peut remarquer, dans la salle de lecture, les boiseries sculptées, des tableaux de Pierre-François Cozette, des cheminées en marbre style Louis XVI, dont l’une où sont représentés deux cadets entourant les armoiries de l’École. Une des glaces d’époque porte deux impacts de balles, datant des combats d’août 1944. La bibliothèque regroupe 100 000 ouvrages anciens qui parlent de la guerre en plusieurs langues, 140 manuscrits et cartes, ainsi que des ouvrages ayant appartenu à la Pompadour, à Colbert…
Le plus ancien document date de 1550. A l’occasion de la venue de personnalités étrangères à l’Ecole militaire, des ouvrages sur leur pays sont présentés.
On trouve 90 nationalités différentes parmi les élèves de l’école qui est maintenant l’école de guerre pour les officiers supérieurs.

Saint Louis, patron des armées
Au-dessus des vitrines de livres on trouve des inscriptions telles que : « Parfois détruire, souvent construire, toujours servir, militaires bâtisseurs » ou « La plume est plus forte que l’épée : militaires écrivains et artistes. » Comme quoi, l’armée mène à tout !
L’escalier d’honneur est copié sur l’escalier du Trianon pour passer ensuite à la Chapelle dédiée à Saint-Louis, saint patron des armées, qui mesure 35 m de long sur 14 m de large, conçue par Gabriel. Saccagée pendant la Révolution, elle est restée très longtemps inutilisée si ce n’est comme salle de bal pour le deuxième anniversaire du sacre de Napoléon. On peut y admirer un plafond en voûte surbaissé et de grandes colonnes corinthiennes fondues dans le mur.
L’ensemble bénéficie grâce aux lucarnes d’un bel éclairage naturel qui accentue la nature simple et élégante de cette chapelle. Ouverte à tous, elle est décorée de neuf tableaux illustrant la vie de Saint-Louis, plutôt que le chemin de croix traditionnel.

Enfin, elle héberge, dans son sous-sol, une crypte contenant les restes de Pâris Duverney, le fondateur de l’École militaire et secrétaire des Finances de Louis XV. On y accède par une échelle en fer !
La sellerie de l’école compte 200 selles soigneusement entreposées dans une salle qui sent bon le cuir !

Dilnaz Snrech


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Page mise à jour le dimanche 1er octobre 2017