Capitalisez nos expériences



Vous avez suivi votre conjoint à l’étranger et avez été un certain temps sans emploi ? Sans emploi mais pas sans travailler ? Vous avez été bénévole ? C’est en soi un travail, un travail certes non rémunéré mais un travail quand même.
Il y a des moyens de capitaliser vos expériences.

On le sait, les années d’expatriation ne sont pas toujours bien perçues, surtout pour les conjoints accompagnateurs, et les vides dans les CV sont toujours suspects aux yeux des directions des ressources humaines. Et pourtant ! De vos activités bénévoles, vous avez tiré des expériences, des acquis.

Faire un inventaire
Prenez le temps de faire un inventaire de tout ce que vous avez fait, y compris ce qui vous parait anodin. Ne négligez rien ! Presque tout, voire tout pourra être utilisé, valorisé.
Premier constat : vous serez surpris de la longueur de la liste des choses faites.
Deuxième constat : cela fait du bien de réaliser tout ce que l’on a fait.
Troisième constat : il y aura des points communs entre les différentes actions que vous avez menées : accueil, organisation, aide en orphelinat, milieu culturel, secteur comptable/de gestion, ...
Constituez des familles d’activités et vous aurez un ou plusieurs (pas plus de trois) mot(s)-totem à brandir, à mettre en haut d’un CV : communication, gestion, organisation d’événements...

Rédaction du CV
L’inventaire vous sera utile pour rédiger votre CV : vous y inscrirez et mettrez en valeur ce que vous avez fait. Ce sera également utile lors d’un entretien.

Vous pouvez avoir une rubrique " Parcours de vie " en parallèle d’une rubrique "Parcours professionnel". Vous y mentionnerez où vous êtes allé, ce que vous avez fait dans tel et tel poste.
Vous avez travaillé deux jours par semaine dans un orphelinat ? Avez été aide-puéricultrice, avez récolté des fonds...? Mettez-le dans votre CV sans mentionner que c’était du bénévolat. Vous le préciserez en entretien.

Votre CV doit être plus chronologique que de compétences. Le temps passé sur un CV arrivé au courrier est de 1 à 3 minutes. Si vous insistez sur les compétences, cela demandera un effort supplémentaire au recruteur ; il risque alors d’être jeté au panier. Ce n’est qu’à la deuxième, voire troisième étape que le recruteur passe plus de temps sur un CV.
Avant d’envoyer votre CV, allez sur le site de l’entreprise et trouvez le nom à qui l’envoyer ; cela retiendra plus l’attention de la part du recruteur, de l’assistante de la DRH. Indiquez toujours très clairement l’intitulé du poste.

Défendre sa position
La mobilité peut être un avantage. Essayer de vous mettre dans « la peau » du recruteur pour défendre votre position et contourner l’à priori négatif de la mobilité ; utilisez des termes utilisés dans le monde du travail.
Si vous êtes en entretien pour un CDD, démontrez au recruteur qu’il ne prend pas un risque lourd en recrutant une personne mobile. Et puis, peut-être que vous ne repartirez pas de si tôt ? S’il vous embauche, qu’il est content de vous et que vous ne partez pas, vous serez tous les deux gagnants....
Si vous postulez sur un CDI, défendez-vous du « Mais vous allez repartir », vous pouvez vous défendre en disant que la gestion des ressources humaines du MAE est identique à celle d’une entreprise privée. : les séjours en poste sont souvent de trois à quatre ans. Et puis là encore, vous pouvez avancer qu’il n’est pas certain que vous repartiez et que vous pouvez envisager un célibat géographique le temps d’un poste.

Déculpabiliser
Il faut déculpabiliser de ne pas avoir travaillé, d’avoir pris un congé parental/d’éducation, d’avoir suivi votre conjoint. Tout s’explique et se valorise, surtout dans une vie de mobilité.

Présentez-vous comme le pillier, le roc de la famille dans cette vie de mobilité, le garant de la réussite personnelle de chacun des membres de la famille, un soutien important dans la réussite professionnelle de votre conjoint. Vous affirmez ainsi que vous êtes le moteur de votre recherche d’emploi.

L’exercice n’est pas forcément aisé mais il ne faut pas hésiter à se faire aider, par Pôle emploi, par des associations, par un coach.
Il faut raisonner en termes de capitalisation et de confiance en ses chances.

Page mise à jour le samedi 28 janvier 2017