Aller à la rencontre de l’autre


Aller à la rencontre de l’autre est un enrichissement.
Il existe dans tous les pays une face sociale cachée qui a besoin d’aide et qui procure au bénévole une ouverture culturelle. Etre bénévole, c’est aller à la rencontre des habitudes de la population, découvrir des modes de vie et des cultures autres que les nôtres, c’est s’enrichir tout au long d’une vie.

Un bénévole s’enrichit, que l’expérience soit positive ou négative. Cet enrichissement porte toute personne qui veut aller vers l’autre, quels que soient les circonstances et le contexte : épidémies, maladies, décès, catastrophes naturelles, guerres, accidents de la vie, famine....... Et dans tous les états d’âmes.

En poste, j’ai été bénévole : en 20 ans, j’ai fait du bénévolat dans des pays en guerre, dans des pays très pauvres. Toutes ces expériences m’ont aidée à comprendre la valeur humaine des peuples, à accepter leurs différences et leur culture, pour leur donner un coup de pouce dans la vie.
C’est un cachet que l’on porte jusqu’à notre départ de ce monde.

Au Liban, pendant la guerre civile, sur une période de 15 ans, j’ai eu des liens avec des associations qui avaient besoin de médicaments pour des maladies difficiles ou chroniques. Je prenais également contact avec des hôpitaux et des chirurgiens pour faciliter des interventions sur des malades à très faibles revenus. J’ai également apporté mon aide dans des établissements accueillant des handicapés de guerre. J’ai aidé des organismes qui procuraient des repas aux jeunes.

A Istanbul, pendant 5 ans, avec un groupe de françaises, j’ai apporté mon aide tous les mercredis dans une maison de repos et dans un hôpital tenus par la congrégation St-Joseph de l’Apparition. Tous les dimanches, avec ce même groupe, j’ai aidé des religieuses dans une maison de retraite : aide aux repas, distribution des médicaments … Des commerçants du pays et des entreprises étrangères telles que Nestlé, Magi, Kleenex, Danone…offraient les matières premières aux repas, des médicaments.
Enfin, 1 à 2 fois par semaine, je passais à Caritas Istanbul pour aider les réfugiés Irakiens et Turkménistans à se loger ; Caritas donnait les fournitures de première nécessité à leur installation temporaire.

A Kampala, avec des conjoints d’autres ambassades, j’ai aidé à créer des activités diverses. Nous avons monté un projet de restauration d’écoles délabrées et participé à l’achat de matériel scolaire.

En France, j’ai apporté mon aide à Caritas International au Siège principal, ce qui était important pour moi après un poste diplomatique car je me suis sentie utile. Etre bénévole en France est aussi pour moi le moyen de combler mon devoir de citoyenne.
A Paris, ce sont les chômeurs que j’ai aidés à travers le service « Coup de pouce » de Caritas qui aide les sans-emploi à retrouver une activité et à vivre avec dignité.

Dans le bénévolat, il y a mille et une façons d’aider les autres, ce qui me semble plus important que d’honorer sa propre personne. A l’étranger, j’ai vu beaucoup de dames françaises qui arrivaient à apporter leur aide aux plus démunis tout en maintenant une vie sociale en tant que représentantes de la France. Jour après jour, elles couraient pour accomplir à la fois les tâches familiales et les tâches sociales.

Victoria Nehmé
2016

Page mise à jour le mercredi 22 février 2017